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Le Mi-24 Hind : le « Chariot de Satan » qui a marqué l’histoire de l’aviation militaire

Il est massif, blindé, redoutable — et incontestablement l’un des hélicoptères de combat les plus iconiques du XXe siècle. Le Mi-24 Hind, surnommé « Chariot de Satan » par les combattants afghans, c’est bien plus qu’une machine de guerre : c’est une légende ailée qui continue de fasciner les passionnés d’aviation Le Mi-24 Hind : le « Chariot de Satan » qui a marqué l’histoire de l’aviation militaire

Il est massif, blindé, redoutable — et sans aucun doute l’un des hélicoptères de combat les plus iconiques du XXe siècle. Le Mi-24 Hind, surnommé « Chariot de Satan » par les combattants afghans, dépasse largement le statut de simple machine de guerre : il incarne une légende ailée qui continue de fasciner les passionnés d’aviation militaire du monde entier. Depuis les années 1970, plus de 2 500 exemplaires ont sillonné les cieux de quatre continents, participant à des dizaines de conflits armés.


Une naissance sous le signe de l’audace

Tout commence dans les années 1960, au sein de l’Armée rouge, où germe une idée révolutionnaire : créer l’équivalent volant d’un véhicule de combat d’infanterie. Le général Mikhaïl Leontievitch Mil, à la tête du bureau d’études OKB-329, défend ce concept avec ardeur. En 1966, il dévoile dans son usine de Panki, près de Moscou, une maquette grandeur nature du V-24 : un hélicoptère lourdement armé et blindé, capable de transporter huit soldats tout en emportant canons, missiles antichars et roquettes.

Pourtant, l’accueil est mitigé. De nombreux généraux, dont le maréchal Rodion Malinovski, restent profondément sceptiques. Mil ne se décourage pas pour autant : il convainc en 1967 le maréchal Andreï Gretchko de lancer un appel à propositions. Face au projet rival de Kamov, dérivé du Ka-25, c’est finalement la proposition d’hélicoptère lourd de Mil que l’armée retient le 6 mai 1968 — à condition de revoir l’armement en priorité autour des missiles antichars.

Dès lors, les choses s’accélèrent. L’équipe de Mil livre le premier prototype en juin 1969, en exploitant les composants éprouvés du Mi-14. Les essais en vol débutent le 19 septembre 1969. Malgré un accident lors d’une démonstration et des problèmes de stabilité révélés en juin 1970, Mil lance la production en série en 1972. Ce n’est qu’à ce moment que les Occidentaux découvrent l’existence du projet — et seulement en 1974 que les premières photos leur parviennent. Les usines de Rostov-sur-le-Don et d’Arseniev prennent alors en charge l’assemblage des appareils.


Des records qui forgent la légende

Avant même d’entrer au combat, le Hind s’illustre brillamment dans les airs. En juillet et août 1975, la pilote soviétique Galina Rastorgoueva s’installe aux commandes d’une version allégée du Mi-24 et pulvérise une série de records mondiaux de vitesse :

  • 341,320 km/h sur un parcours de 15 à 25 km — 16 juillet 1975
  • 334,464 km/h sur un circuit fermé de 100 km — 18 juillet 1975
  • 331,023 km/h sur un circuit fermé de 500 km — 1er août 1975
  • 332,646 km/h sur un circuit fermé de 1 000 km — 13 août 1975

Ces performances époustouflantes témoignent de la puissance brute d’une machine que personne, à l’époque, n’imaginait aussi rapide pour un hélicoptère de cette taille.


Les grandes versions du Hind

Au fil des décennies, le Mi-24 évolue et se décline en de nombreuses variantes, chacune apportant son lot d’améliorations.

Mi-24A (Hind-A) — Là où tout commence. Cette première version de série adopte un cockpit trois places et embarque des missiles antichars 9M17M à guidage manuel. Arseniev produit environ 240 appareils jusqu’en 1974.

Mi-24D (Hind-D) — Une refonte en profondeur. Mil repense entièrement l’avant de l’appareil en adoptant un cockpit biplace en tandem, avec le tireur à l’avant et le pilote à l’arrière, tous deux protégés par un blindage renforcé. Environ 350 appareils sortent des chaînes de production. Les pays étrangers reçoivent ce modèle sous la désignation Mi-25.

Mi-24V (Hind-E) — La version phare. Mil équipe cet appareil de moteurs TV3-117V développant 2 190 ch, des missiles 9M114 Spiral et des contre-mesures infrarouge. Résultat : environ 1 000 appareils construits entre 1976 et 1986, ce qui en fait la version la plus produite de toute la famille. À l’export, elle porte le nom de Mi-35.

Mi-24P (Hind-F) — La version qui frappe fort. Mil fixe sur le flanc droit de l’appareil un imposant canon GSh-30K de 30 mm, conférant au Hind une puissance de feu encore accrue. Entre 1981 et 1989, les usines soviétiques livrent environ 620 exemplaires.

Mi-35M — La modernisation export par excellence. Mil intègre une avionique de pointe fournie par la firme israélienne Elbit Systems. En 2008, le Brésil signe un contrat d’environ 300 millions de dollars pour acquérir 12 appareils, qu’il désigne localement AH-2 Sabre.

Super Hind (Mk. II & III) — Une transformation radicale. La société sud-africaine ATE prend le Mi-24 en main et le modernise de fond en comble : réduction de la masse, nouveau canon Vektor F2 de 20 mm, remplacement des missiles russes par des armements occidentaux. L’Algérie, l’Azerbaïdjan et le Niger adoptent cette version remise au goût du jour.


Un hélicoptère sur tous les fronts

Afghanistan (1979–1989)

C’est en Afghanistan que le Hind entre véritablement dans la légende. Les forces soviétiques le déploient massivement pour détruire postes et convois avec une efficacité redoutable — au point que les combattants afghans le surnomment le « Chariot de Satan ». Cependant, la donne bascule lorsque les États-Unis commencent à livrer des missiles Stinger aux Moudjahidines. Ces missiles à guidage thermique ciblent directement l’échappement situé sous le rotor, provoquant la désintégration quasi immédiate de l’appareil. Les pertes atteignent 333 Mi-24 lors des opérations aériennes. En réponse, l’armée soviétique intègre immédiatement des contre-mesures et des systèmes de détection de missiles sur l’ensemble de sa flotte.

Guerre de l’Ogaden (1977–1978)

Avant l’Afghanistan, c’est en Afrique que le Hind connaît son baptême du feu. L’Éthiopie engage ses Mi-24 contre la Somalie, dans le cadre d’un envoi massif d’équipement militaire soviétique — une première mondiale pour cet appareil encore peu connu.

Guerre Iran-Irak

Sur ce théâtre, l’aviation irakienne développe une tactique originale. Elle associe ses Mi-24 à des hélicoptères SA.342L Gazelle français en équipes complémentaires : les Hind ouvrent la voie en neutralisant les positions iraniennes à la roquette de 57 mm, tandis que les Gazelle exploitent la confusion pour déclencher leurs missiles antichars HOT contre les blindés ennemis. Si les pilotes irakiens apprécient la vitesse et la puissance de feu du Hind, ils déplorent en revanche son manque d’agilité.

Tchétchénie

Sur ce théâtre difficile, les Mi-24 russes subissent des pertes significatives. Les tactiques de guérilla des combattants tchétchènes combinées au vieillissement progressif de la flotte et à un entretien insuffisant mettent à rude épreuve des appareils que l’armement antiaérien moderne rend de plus en plus vulnérables.

Côte d’Ivoire (2002–2004)

À la suite de la rébellion de septembre 2002, le gouvernement ivoirien acquiert des Mi-24 et confie leurs commandes à des mercenaires biélorusses et sud-africains. Le 6 novembre 2004, l’armée française neutralise ces appareils au sol, en réponse directe à l’attaque du camp de Bouaké, qui a coûté la vie à neuf soldats français.

Ukraine (depuis 2014)

Le Hind fait son retour en Europe dès 2014, lors des combats dans le Donbass. Puis, en 2022, l’invasion russe le remet en première ligne — des deux côtés du front. Deux Mi-24 ukrainiens mènent même une attaque audacieuse contre le dépôt de carburant de Belgorod, en territoire russe, démontrant que cette machine reste redoutablement opérationnelle plus de cinquante ans après son premier vol.

Autres théâtres

Au-delà de ces conflits emblématiques, le Mi-24 laisse son empreinte partout dans le monde. Du Nicaragua au Sri Lanka, du Soudan au Congo, de la Syrie au Burundi, il s’impose comme l’un des hélicoptères de combat les plus présents dans l’histoire militaire contemporaine.


Une icône incontournable pour les modélistes

Avec ses lignes immédiatement reconnaissables — le double cockpit en tandem, les ailes courtes surchargées d’armement, le fuselage trapu et blindé — le Mi-24 s’impose naturellement comme un sujet de maquette d’exception. Chaque version offre ses propres défis de construction, ses propres livrées de camouflage et ses propres marquages historiques chargés d’histoire.

En somme, reproduire un Hind en miniature, c’est bien plus que construire une maquette : c’est s’approprier un morceau d’histoire vivante, du désert afghan aux steppes ukrainiennes.


FAQ – Mi-24 Hind : toutes vos questions sur l’hélicoptère de combat soviétique


Qu’est-ce que le Mi-24 Hind ?

Le Mi-24 Hind est un hélicoptère de combat soviétique que le constructeur Mil a conçu pour combiner deux rôles en un seul appareil : attaquer des cibles au sol avec une puissance de feu considérable, tout en transportant jusqu’à huit soldats. Depuis les années 1970, plus de 2 500 exemplaires ont pris l’air aux quatre coins du monde.


Pourquoi les combattants afghans surnomment-ils le Mi-24 « Chariot de Satan » ?

Durant la guerre soviéto-afghane (1979–1989), les Moudjahidines baptisent l’appareil « Chariot de Satan » car sa puissance de feu dévastatrice, son blindage imposant et son bruit sourd et menaçant en font une machine que rien ne semble pouvoir arrêter — du moins jusqu’à l’arrivée des missiles Stinger américains.


Quelle est la différence entre le Mi-24 et le Mi-35 ?

Le Mi-35 désigne simplement la version export du Mi-24V, que Mil propose aux armées étrangères avec des équipements parfois adaptés à leurs besoins. Le Mi-35M va plus loin : il intègre une avionique entièrement modernisée, notamment fournie par la firme israélienne Elbit Systems, et représente la version la plus aboutie de la famille à l’export.


Quelle est la différence entre le Mi-24 et le Mi-25 ?

Le Mi-25 est la désignation export du Mi-24D. Mil le livre à de nombreux pays — Afghanistan, Cuba, Angola, Inde, Pérou — avec des caractéristiques techniques globalement identiques à celles de la version soviétique d’origine.


Quelles sont toutes les versions du Mi-24 ?

Au fil des années, Mil développe une gamme complète de variantes :

  • Mi-24 / V-24 (Hind-B) : prototypes et présérie, premier vol en 1969
  • Mi-24A (Hind-A) : première version de série, cockpit trois places, missiles antichars guidés manuellement
  • Mi-24B (Hind-A) : version améliorée avec FLIR et tourelle mitrailleuse, abandonnée avant production au profit du Mi-24D
  • Mi-24U (Hind-C) : version d’entraînement sans armement
  • Mi-24D (Hind-D) : cockpit biplace en tandem, refonte complète de l’avant, environ 350 exemplaires
  • Mi-24V (Hind-E) : version de combat la plus produite, environ 1 000 exemplaires, missiles Spiral et contre-mesures IR
  • Mi-24P (Hind-F) : canon fixe GSh-30K de 30 mm, environ 620 exemplaires
  • Mi-24VP (Hind-E Mod.) : canon bitube de 23 mm en tourelle mobile, 25 exemplaires seulement
  • Mi-24PN : version nocturne modernisée avec FLIR Zarevo, en service depuis 2004
  • Mi-24K (Hind-G2) : version de reconnaissance équipée de caméras, environ 120 exemplaires
  • Mi-24BMT : version spécialisée dans le déminage
  • Mi-25 : export du Mi-24D
  • Mi-35 : export du Mi-24V
  • Mi-35M : version export modernisée, avionique israélienne, vendue notamment au Brésil sous le nom AH-2 Sabre
  • Super Hind Mk. II & III : modernisation sud-africaine avec armement occidental, adoptée par l’Algérie, l’Azerbaïdjan et le Niger

Combien de Mi-24 ont été produits ?

Les usines de Rostov-sur-le-Don et d’Arseniev assemblent au total plus de 2 500 exemplaires toutes versions confondues, ce qui fait du Mi-24 l’un des hélicoptères de combat les plus produits de l’histoire.


Quel est le code OTAN du Mi-24 ?

L’OTAN attribue au Mi-24 le nom de code « Hind », décliné ensuite version par version : Hind-A, Hind-B, Hind-C, Hind-D, Hind-E, Hind-F, Hind-G1, Hind-G2 et Hind-J.


Quelle est la vitesse maximale du Mi-24 ?

En configuration allégée, le Mi-24 atteint 341,320 km/h, un record mondial établi le 16 juillet 1975 par Galina Rastorgoueva. En configuration de combat standard, la vitesse maximale avoisine les 310 km/h, ce qui en fait l’un des hélicoptères les plus rapides de son époque.


L’armée utilise-t-elle encore le Mi-24 aujourd’hui ?

Absolument. Plusieurs armées dans le monde maintiennent le Mi-24 en service actif. Le conflit en Ukraine depuis 2022 en apporte la preuve la plus récente : les deux belligérants l’engagent sur le front, plus de cinquante ans après son premier vol — une longévité opérationnelle exceptionnelle.


Quelle armée a le plus utilisé le Mi-24 ?

L’armée soviétique, puis russe, reste l’utilisatrice la plus importante du Hind. Elle l’engage massivement en Afghanistan, lors des deux guerres de Tchétchénie, en Syrie et en Ukraine. Parallèlement, de nombreuses autres nations — Irak, Éthiopie, Ukraine, Inde, Cuba, Angola — l’emploient également au combat sur leurs propres théâtres d’opérations.


Quelle est la différence entre le Mi-24D et le Mi-24V ?

Le Mi-24D représente une version intermédiaire : Mil le développe dans l’attente que les missiles Spiral 9M114 atteignent leur maturité opérationnelle. Le Mi-24V prend ensuite le relais en intégrant ces missiles, des moteurs TV3-117V de 2 190 ch et des contre-mesures infrarouge perfectionnées. Avec environ 1 000 exemplaires produits, le Mi-24V s’impose comme la version la plus aboutie et la plus répandue de toute la famille.


Qu’est-ce que le Super Hind ?

La société sud-africaine ATE (Advanced Technologies and Engineering) prend le Mi-24 de base et le transforme en profondeur. Elle allège la cellule, remplace le canon soviétique par un canon Vektor F2 de 20 mm et substitue les missiles russes par des armements occidentaux — ZT-3 Ingwe sud-africains ou Baryer ukrainiens. L’Algérie, l’Azerbaïdjan et le Niger choisissent cette version modernisée pour équiper leurs forces aériennes.


Quelle maquette choisir pour représenter un Mi-24 ?

Chaque version du Mi-24 offre un défi passionnant. Le Mi-24D se distingue avec son nez remanié en cockpit tandem caractéristique. Le Mi-24V séduit par la richesse de ses détails et la variété de ses livrées de camouflage. Le Mi-24P, quant à lui, impressionne avec son canon latéral de 30 mm bien visible. Pour les amateurs d’histoire, les versions afghanes avec leurs filtres moteurs PZU et leurs contre-mesures sont particulièrement recherchées et prometteuses en termes de résultat final.


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